Sécurité incendie dans les intérieurs en bois2022-01-10T09:26:38+01:00

Sécurité incendie dans les intérieurs en bois

Sécurité incendie dans les intérieurs en bois

Trois questions pour Anders Bach Vestergaard, COWI consulting

Anders Bach Vestergaard est expert des questions liées au feu au sein du COWI consulting. Dans leurs agences dans le monde entier, COWI travaille avec des cabinets d’architecture de premier plan sur des projets d’architecture et d’infrastructure. Avant de rejoindre COWI, Anders a travaillé pour l’Institut danois des technologies incendie et sécurité.

Quatre ans et demie après l’incendie de la tour Grenfell,  la tragédie plane toujours sur l’industrie de la construction au Royaume-Uni et dans le reste du monde. Le rapport Hackitt a révélé que les règles de construction et la législation en matière de sécurité incendie existantes n’étaient « pas adaptés à l’usage prévu ». Le rapport indique que des changements majeurs étaient immédiatement nécessaires afin de garantir la sécurité incendie des bâtiments. Depuis cette publication, les matériaux combustibles, même ignifugés, ont été interdits au Royaume Uni pour les murs extérieurs des immeubles de plus de 18 mètres de haut. Les pays du monde entier sont en train de revoir la façon dont leurs réglementations en matière d’incendie sont mises en œuvre, mais aussi la manière dont les tests au feu sont effectués, sans oublier la pertinence des études théoriques au regard des tests en conditions réelles.

Nous nous sommes entretenus avec Anders pour partager son expertise et ses conseils auprès des architectes lorsqu’il s’agit de créer des intérieurs en bois sûrs et uniques.

Anders Bach Vestergaard from Cowi

Expert en incendies, Anders Bach Vestergaard chez COWI

Au cours des dernières années, l’interaction entre les différents matériaux de construction et le feu a suscité des nombreux débats, en particulier des questions telles que les procédures d’essai et la classification des matériaux de construction, ainsi que l’interprétation des certifications. Pouvez-vous nous parler un peu de votre expérience ?

Ici, au Danemark, il y a eu un véritable réveil au sein de l’industrie de la construction – toutes les personnes impliquées commencent à comprendre que les caractéristiques du feu de chaque élément de construction doivent être comprises; non seulement le matériau ou les matériaux avec lesquels le produit de construction est fabriqué, mais toute la solution en soi. Comprendre comment chaque composant d’un produit réagit en cas d’incendie est crucial.

Parallèlement à cela, les ingénieurs incendie sont maintenant tenus d’être impliqués à un stade plus précoce dans le projet de construction. En travaillant avec des architectes dès le début, il est possible pour ces ingénieurs d’orienter l’équipe de conception vers des produits déjà testés et certifiés, ou, dans le cas où les architectes souhaitent concevoir du sur-mesure, de les éduquer sur les conséquences de leurs choix de matériaux.

C’est une évolution vraiment positive. Cela nous donne l’occasion d’expliquer le processus et de nous assurer que nous savons tous comment chaque élément brûle. Lors de la conception d’un projet unique ou de l’utilisation d’une variante d’un produit de construction standard, une implication précoce signifie qu’il est possible de compléter les études de bureau par des tests à petite échelle pour une meilleure interprétation. Nous pouvons réellement comprendre à quoi nous avons affaire – nous pouvons voir si cela va échouer, ou si cela fonctionnera moins bien que la solution “standard” en ce qui concerne par exemple des problèmes tels que la fumée ou la chaleur.

Il est essentiel que nous sachions exactement avec quoi nous travaillons. Par exemple, plus de chaleur ou plus de fumée n’est pas un problème en soi – nous pouvons y remédier avec la stratégie globale en matière d’incendie. Ce que nous ne pouvons pas nous permettre, c’est l’incertitude. Vous devez savoir comment ça brûle!

Parlons des intérieurs en bois en particulier ; vous avez travaillé sur plusieurs projets où des panneaux de lattes de bois ont été spécifiées. Quels conseils pouvez-vous donner aux architectes qui souhaitent utiliser ces panneaux de lattes en bois dans leurs futurs projets?

Il est important pour les architectes de comprendre l’ensemble du produit qui doit être testé au feu. Si vous travaillez avec une solution comportant des placages, vous devez également tenir compte de l’âme du matériau. L’âme est-elle incombustible ? Ou s’agit-il de bois massif amélioré par des produits ignifuges ? La réponse à cette question déterminera les paramètres avec lesquels vous travaillerez. Vous devez toujours comprendre les matériaux impliqués et leur réaction au feu.

Avec les panneaux de lames en particulier, il y a beaucoup de variables qui peuvent affecter la sécurité incendie; l’espace entre les lames, les dimensions des lames, les placages, les revêtements de surface et les produits ignifuges le cas échéant. Il devient alors encore plus important d’utiliser des produits testés. Modifier une seule variable peut sembler insignifiant, mais cela peut affecter considérablement la façon dont le produit réagit au feu, en particulier dans le cas de solutions en bois massif et en bois traité ignifuge.

Many variables decides the fire safety of a linea rib
How to creat fire safe environments

Par exemple, vous pensez utiliser du contreplaqué pour une projet. Supposons que la plaque de contreplaqué elle-même soit classée au niveau non feu souhaité; maintenant que se passe-t-il lorsque vous coupez cette plaque en lattes plus petites? Nous savons tous que les petits morceaux de bois brûlent plus facilement que les gros morceaux de bois! C’est un exemple simple qui explique clairement pourquoi la réaction au feu de chaque élément doit être comprise dans le contexte de sa forme finale. Cela est particulièrement vrai pour les matériaux comme le bois, dont les propriétés changent en fonction des dimensions et d’autres variables.

À l’avenir, comment voyez vous les choses ?

Je crois que dans le cas des conceptions non standard, les études théoriques deviendront de plus en plus obsolètes. Nous chercherons à nous appuyer autant que possible sur des tests réels, ou du moins il deviendra plus courant de mener une combinaison de tests à petite échelle et d’études complémentaires théoriques. Je connais un projet de recherche où l’apprentissage automatique est utilisé, et je pense que cela pourrait potentiellement remplacer en partie les études théoriques. Si nous pouvons compiler suffisamment de recherches et suffisamment de combinaisons de tests, peut-être – sur la base de tests destructifs, et de matériaux variés associés à de multiples variables – pourrons nous compter sur l’apprentissage automatique pour nous donner des résultats précis pour les produits de construction « non testés ».

Au Danemark, les ingénieurs incendie ont désormais la responsabilité personnelle d’approuver tout complexe ou projet de construction de grande envergure. Cela entraînera des changements plus positifs à l’avenir, lorsque la concertation et la résolution des problèmes de sécurité incendie auront lieu au début de la phase de conception. Cela donnera aux architectes une meilleure compréhension de la valeur de l’utilisation d’un produit testé – cela peut se révéler plus onéreux au départ, mais l’incertitude d’une solution non testée peut vous coûter beaucoup plus cher au final.

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